New York, 11h34

La salle était bondée de gens en costard cravate plus classes les
uns et les autres. Ils étaient là, derrière moi à attendre que le
grand manitou se ramène pour se prononcer sur mon cas. Mon regard
se posa sur mon avocat qui avait l’air confiant sur le
dernier acte de cette pièce de théâtre qui n’était autre que
ma petite vie de jeune merdeux de la banlieue new-yorkaise qui a
voulu jouer dans la cours des grands.

On vient d’annoncer l’arrivée du juge. Mes mains tremblent et je n’arrive plus à les contrôler. En cet instant même j’ai peur, oui j’ai peur de ce qu’il va arriver. Mes battements du cœur ressemblaient à des roulements de tambour à l’attente d’une exécution. Je jetais un dernier regard sur ma mère qui avait toujours cette mine fatiguée, cette même mine qu’elle a depuis une semaine parce qu’elle se tue la santé à cause de son fils. De son abominable fils.

Puis un dernier regard vers mes bourreaux qui n’attendent que le jugement final. Mes bourreaux, ce sont sa famille. Une famille auprès de laquelle j’ai essayé de m’adapter, me faire aimer. Mais je n’ai jamais réussi parce qu’ils n’ont vu en moi que le petit con sans avenir, et aujourd’hui, ils sont au premier rang du spectacle. J’aurais tellement aimé leur dire que je regrettais, que j’avais tout fait pour qu’elle ne me suive pas… Mais ils ne m’auraient jamais cru.
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