
Le juge fit son entrée, provoquant
un tumulte de chaises raclant le parquet ciré. Je me frotte les
mains contre mon jean, elles étaient moites, preuve irréfutable de
mon stress mêlé à une angoisse grandissante.
- Tout va bien se passer ne vous inquiétez pas. Me murmure alors
mon avocat lorsque le vieux chnoque nous ordonna de nous
asseoir.

C’est alors qu’il
commença son discours que je n’écoutais en aucun cas. Trop de
choses me venaient en tête, me perturbaient. Son visage me revenait
en tête, la scène me revenait en tête. Je me retourne une dernière
fois pour voir le visage de ma mère.
- Gardes confiance. C’est un bon avocat. Me
murmure-t-elle.
Je lu sur ses lèvres un simple « je t’aime » que je
ne lui rendit point, mais elle pouvait lire sur mon visage une
détresse d’enfant de dix ans quittant les jupons de sa mère
bienveillante.
C’est un bon avocat. Il fallait y croire. Elle et mon
beau-père s’étaient ruinés pour me le trouver. Je devais y
croire. Y croire car ce n’était pas totalement de ma
faute.

- Que l’accusé se lève.
Tel un robot, j’exécute l’ordre prononcé par le
juge.
- Ayant été mêlé à un affrontement entre deux gang dans les rues de
New York…
Mon cœur s’accéléra, et je senti une bouffée de chaleur
me monter jusqu’au cerveau. Je continuais de fixer le juge,
sans pour autant écouter son discours qui ne faisait que répéter
des heures d’audiences.
- Par manque de preuves, je déclare Julian Grey ici présent, non
coupable. L'audience est terminée.
Des bruits s’élevèrent dans la salle d’audience, des
bruits de colère, de soulagement et de terreur. On me maudissait et
me menaçait.
- Nous avons fait du bon boulot Julian. Me felicite alors mon avocat.

Oui on avait fait du bon boulot. Mais lorsque je croisais le regard de ma mère en pleurs et de Philippe, je savais que mon temps à New York était fini.

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