
La route jusqu’à la fac fut
ennuyeuse et surtout silencieuse. Megan était dans son monde, les
écouteurs aux oreilles, me laissant seul avec moi-même.
Elle s’arrêta devant un grand bâtiment en brique rouge qui
était déjà envahi par toute sorte d’étudiant plus zarbi les
uns que les autres.
Que ce soit la fille qui se remaquille en pleine rue avec ses
copines parce qu’elle veut plaire, le pseudo Caïd qui se la
pète devant sa bande de pote, ou bien des filles écervelée aux look
plus que douteux qui fume une dernière clope pour se relaxer, en
priant qu’elle ne tombera pas dans un groupe truffé de
cruchasses.

- Voilà la Fac. Ça fait combien de
temps que tu n’as pas mis les pieds dans un bahut?
Dit alors ma cousine, me sortant par la même occasion, de ma
rêverie occasionnelle.
- J’ai dû rester un mois à tout casser à la Fac, et
encore…
- Ah…
Elle baisse les yeux, et semble être déçue. Je crois qu’elle
me voit encore comme le gentil petit Julian qui ne se limitait
qu’a de simples petites conneries d’enfant.
- Il faut que tu arrêtes de m’idéaliser, je ne suis pas le
gentil petit Saint Julian.
Elle se contente d’acquiescer et ne cherche pas à
s’étendre sur le sujet.
Je lui souris mais elle n’a pas l’air de vouloir
coopérer, elle remet ses écouteurs aux oreilles et m’adresse
un bref signe de main pour me montrer qu’elle me laissait
enfin seul.

- A tout à l’heure, tentais-je en la voyant partir.
Une de perdue, dix de retrouvées… Mais elle reviendra, elle
est de mon sang, et la famille, ça compte.
Je jette un dernier regard sur la façade de la fac qui s’étend sur tout mon champ de vision et m’avance vers mon avenir…

















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