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15  posté le lundi 22 juin 2009 18:58

La route jusqu’à la fac fut ennuyeuse et surtout silencieuse. Megan était dans son monde, les écouteurs aux oreilles, me laissant seul avec moi-même.
Elle s’arrêta devant un grand bâtiment en brique rouge qui était déjà envahi par toute sorte d’étudiant plus zarbi les uns que les autres.
Que ce soit la fille qui se remaquille en pleine rue avec ses copines parce qu’elle veut plaire, le pseudo Caïd qui se la pète devant sa bande de pote, ou bien des filles écervelée aux look plus que douteux qui fume une dernière clope pour se relaxer, en priant qu’elle ne tombera pas dans un groupe truffé de cruchasses.

- Voilà la Fac. Ça fait combien de temps que tu n’as pas mis les pieds dans un bahut?
Dit alors ma cousine, me sortant par la même occasion, de ma rêverie occasionnelle.
- J’ai dû rester un mois à tout casser à la Fac, et encore…
- Ah…
Elle baisse les yeux, et semble être déçue. Je crois qu’elle me voit encore comme le gentil petit Julian qui ne se limitait qu’a de simples petites conneries d’enfant.
- Il faut que tu arrêtes de m’idéaliser, je ne suis pas le gentil petit Saint Julian.
Elle se contente d’acquiescer et ne cherche pas à s’étendre sur le sujet. 
Je lui souris mais elle n’a pas l’air de vouloir coopérer, elle remet ses écouteurs aux oreilles et m’adresse un bref signe de main pour me montrer qu’elle me laissait enfin seul.


- A tout à l’heure, tentais-je en la voyant partir.
Une de perdue, dix de retrouvées… Mais elle reviendra, elle est de mon sang, et la famille, ça compte.

Je jette un dernier regard sur la façade de la fac qui s’étend sur tout mon champ de vision et m’avance vers mon avenir…

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16  posté le lundi 22 juin 2009 18:59

Musique <3

De son  côté, Elena Ortiz s’énervait contre la pauvre employée qui cherchait désespérément son nom sur la liste des étudiant en première année.
- Je suis navrée mademoiselle, pourriez-vous me  re-épeler votre nom et prénom s’il vous plaît? Demande-t-elle timidement face à une furie au bord de la crise de nerf.
- Ortiz Elena: O-R-T-I-Z, c’est pourtant pas compliqué! A moins que vous ne soyez bigleuse ou que vous ne compreniez pas que ça commence par un O, c’est pas compliqué à chercher, je sais pas moi, cherchez sur votre ordinateur, vous ne pouvez pas m’avoir zappée de la liste comme ça!

Sous le regard furieux de la jeune étudiante, la pauvre femme pianotait sur le vieil ordinateur du secrétariat, exceptionnellement déplacé dans le hall de la Fac en cas de litige comme celui-ci.
Et au plus grand bonheur de cette dernière, le nom d’Elena Ortiz apparaissait noir sur blanc sur l’écran de l’engin.
- Elena Ortiz, première année en Lettres Modernes. Récite fièrement la secrétaire.
- Hallelujah!!! Il vous en aura fallut du temps! Je peux vous rendre les papiers maintenant ou on y passe encore la nuit…

Elle n’osait plus rien répondre. Elle savait très bien qu’elle n’était pas faite pour ce métier, se mêler à des étudiants stressés et démarrant au quart de tour pour un rien, n’était pas l’idéal pour son caractère renfermé. Et le pire, c'est que le lendemain sera le premier jour de cours, et lorsque c'est le premier jour de cours... Les employés savent très bien à quoi s'en tenir...
Elle lui prit son formulaire, le rangea avec les autres et lui fit un bref signe de tête en guise d’au revoir et passa à l’élève suivant.

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17  posté le lundi 22 juin 2009 18:59

- Putain ce que l’année commence bien j’ai déjà envie d’aller me coucher… Se plaint alors Elena en rangeant  ses papiers dans son sac à bandoulière.
Ses yeux se posèrent alors sur un garçon châtain qui faisait lui aussi les démarches pour s’inscrire.
Elle ne l’avait jamais vue, il ne devait d’ailleurs pas être du coin. Rifiki-les-Paquerettes n’était pas une très grande ville et les jeunes de son âges se repéraient facilement, mais celui là, elle ne l’avait jamais vu.
Alors pourquoi son regard restait-il fixé sur lui?



Le jeune homme se leva au plus grand désespoir de son interlocutrice à en croire la tête qu’elle tire. Puis il se retourne et lui fit face. Ils se scrutèrent tout les deux sans réellement le savoir. Il s’avance doucement vers elle sans la lâcher du regard puis s’arrête, le sourire en coin.
- On s’est déjà vu tout les deux… Lâche-t-il d’une voix grave avec ce même sourire en coin.
Il avait ce regard bleu perçant qui ferait frissonner n’importe qu’elle fille. Sauf elle. Sauf elle, parce qu’elle le connaissait. Oui elle le connaissait depuis bien longtemps déjà parce qu’elle connaissait ce regard, cette voix qui n’avait guère changé, plus grave, plus masculine et plus virile peut-être. Mais elle connaissait ce visage pour l’avoir tant côtoyer.
- Julian Grey. Dit-elle alors, un sourire se dessinant sur les lèvres.


- Elena Ortiz… L’appelle-t-il aussi avec ce même sourire des plus séduisant.
Ne pouvant se contrôler, la jeune femme fonça dans ses bras, folle de joie. La joie avait remplacé la fureur en l’espace d’une seconde. Quelle curieuse journée.
- Et moi qui pensais que t’allais me baffer parce que je n’ai plus donné aucun signe de vie…
En effet, cela faisait quelques années maintenant qu’il ne lui envoyait plus de lettres ou d’e-mail et pour ça elle lui en a voulu pendant longtemps. Mais la stupéfaction et le plaisir de le revoir lui avait fait oublier le fait qu’elle lui en voulait.
- Mais qu’est-ce que tu fais ici? Demande-t-elle alors en le lâchant.

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18  posté le lundi 22 juin 2009 19:00


Elle me regardait avec ces yeux noisettes remplis de joie, j’étais heureux de la revoir. Elle avait tellement changé, je savais que j’allais finir par la revoir un jour où l’autre en sachant qu’elle vivait toujours ici.
- Une conscience m’a dit que mon temps était fini à New York… Lui mentis-je à contre cœur.
Non je n’avais pas envie dès mon premier jour de me confier sur ma vie à New York.

C’est alors qu’elle me sourit.
- Je vois, c’est un sujet qui dérape donc.
- Exactement, riais-je soulagé de voir qu’elle me comprenait.
Elle avait tellement changé… Elle a toujours été cette fille au look plutôt excentrique, mais elle avait changé, ne serait-ce qu’à la coupe de cheveux. Quand je la regarde, je me souviens alors de tout ces moments passés avec elle et Nath’, c’était la belle vie…

- Et toi qu’est-ce que tu deviens?
Son visage se renfrogna.
- Je retape mon année parce que je n’ai pas été foutue de bosser… Je vis en colocation et…
- Hey cocu land  the return!!!! Fit une voix masculine derrière nous.
Lena se racle la gorge à l’entente de ces paroles que je ne suis pas capable d’en comprendre réellement le sens.  Je me retourne donc pour voir à qui appartenait cette voix que Lena ne semblait pas apprécier, tellement son regard en disait long.

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19  posté le lundi 22 juin 2009 19:00

Il était grand, plutôt svelte, et sa carrure laissait deviner une musculature d’athlète. Ses mèches blondes retombant sur son visage pâle, lui donnait un air angélique. Mais cet air angélique fut vite rattrapé par ce sourire malicieux qui en disait long  sur son caractère.

- Alors, tu me présentes à ton nouvel homme? En espérant que tu puisses le garder en laisse celui là! Rit le blond devant une Lena plus fulminante que jamais.
- Achète-toi une paire de lunette espèce d’abruti, si tu n’étais pas aussi omnibullé par toutes ces paires de fesses qui passaient par là, tu ne serais même pas venu jusqu’ici pour faire chier ton monde et me dire qu’il est mon petit ami!
Son sourire charmeur et malicieux était toujours aussi présent, je regardais la scène sans broncher, notant que Lena était prête à lui sauter dessus.

- Fais gaffe mon pote, je t’avertis d’hors et déjà que bibine a du répondant. M’averti alors le blond tout en s’approchant d’elle.
- Dégage tes mains velues de là! Grogne-t-elle alors qu’il avait posé ses mains sur ses hanches. 
- T’as raison.  De toute façon, les filles dans ton genre c’est pas ce qui m’excite le plus… Pas étonnant que personne ne s’intéresse à toi ou que…

Et le coup parti, le bruit sourd d’une main fine contre une joue pâle qui rougie à vue d’œil. Lena lui en avait mis une puis s’éclipsa sur le champ, me laissant seul avec le blond dont je ne connaissais toujours pas le nom.
- Ah, elle m’aime autant qu’elle me déteste… Lâche-t-il une main collée sur sa joue, tout en la regardant partir.

- Et ça vous prend souvent d’harceler des filles comme ça?
- Ouais mais mêle-toi de ce qui te regarde vieux, c’est entre elle et moi…
Il me regardait avec cet air de défiance que je lui rendit immédiatement. Si il croit qu’il me fait peur avec ses faux semblants de rottweiler, il se goure sur toute la ligne. J’ai déjà eu affaire avec plus imposant que lui tel un sosie de Mister T croisé avec 50 cents…

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